Contrairement à toute idée reçue, l’Etang de Berre n’est géomorphologiquement pas un étang. Cette immense étendue d’eau de 15 500 ha est un point de rencontre entre la masse d’eau maritime provenant du canal de Caronte à Martigues et peut être bientôt du canal du Rove et la masse d’eau douce d’origine continentale issue de la Cadière, de la Touloubre et de l’Arc.
Ce formidable présent de la nature est terriblement fragile. C’est au cours de la dernière glaciation du Quaternaire (Würm) que la lagune se creuse sous l’action de l’érosion. Lors du réchauffement post-würmien, les eaux marines envahissent l’espace laissé vacant par la seule passe de Caronte. Se forment alors des marécages sous l’action de la sédimentation.
Il faudra attendre l’Antiquité pour que le canal soit dragué et aménagé pour permettre la navigation et les échanges commerciaux. Au XIXème siècle, l’intérêt du plan d’eau prend un nouveau tournant avec l’arrivée de l’activité industrielle et le transport des matières premières. Devant un tel essor, le canal est sur-creusé de trois mètres supplémentaires, puis en 1924 le canal du Rove est percé. Dès lors, la salinité progresse et l’écosystème est modifié. De nouvelles espèces font leur apparition dans la lagune.
La situation reste stable jusqu’au milieu du XXème siècle date à laquelle des modifications d’autres anthropiques viendront perturber une fois de plus le milieu. Cette fois, cela se traduira par la dérivation de la Durance reconnue à l’époque d’utilité publique. Celle-ci avait pour vocation de répondre aux besoins de l’agriculture, de l’industrie mais aussi des ménages et surtout à la production hydroélectrique. Outre une arrivée massive d’eau douce, une énorme quantité de limons amènera les problèmes que nous connaissons aujourd’hui.
/image%2F0385261%2F201302%2Fob_dd1e66b23b07ac946785e91a6e10a5ef_lpsm.png)

